Taï Phong à la fête de la bière, est ce que quelqu’un pourrait y croire ? Et bien pourquoi pas ? En ce samedi 14 novembre 2009, ce fut, presque, le cas. Liancourt, plus connu pour être la patrie de François Alexandre Frédéric, duc de Liancourt puis, duc de la Rochefoucauld, fondateur de l’école des arts et métier, accueillit en son sein, Taï Phong, pour une représentation dans une petite salle magnifiquement sonorisée. Alors pourquoi avoir parlé de bière au début, tout simplement parce que lorsque l’on est musicien, il en demeure pas moins qu’on a un besoin vital de se restaurer. Il s’est trouvé qu’en ce 14 novembre, c’était à Liancourt la fête de la bière et du boudin… Et oui, dans l’Oise on peut aussi refaire Munichen si ça leur plait, et il faut croire que ça plait puisque ça fait presque 15 ans que cette fête existe.
Bien évidemment ce n’est pas devant un public rempli de saucisse frite, de boudin et de bière que le groupe joua ce soir là, et pendant que l’équipe de France de football se démenait contre l’Irlande pour finalement gagner 1 à 0 , il y eut un certain nombre de spectateur qui ont préféré venir voir ce que musique voulait dire. Les amateurs de rock progressif en ont eu pour leur argent, ceux qui découvraient, en repartirent heureux. Nous avons assisté, très certainement à un des plus beaux concerts du groupe. Rien n’était gagné pourtant, voyez plutôt. Les répétitions, on peut dire distillées avec parcimonie, des membres du groupe absents, des revenants, des nouveaux. Devant une telle alchimie on peut s’attendre au pire, et bien c’est au meilleur que nous avons assisté. Et bien pour ça aussi il y a des raisons. Tout d’abord l’aura de Khanh qui plane toujours, dans tous les sens du terme, mais que serait un musicien si il ne planait pas un peu, seulement, le fait qu’il survole les choses de sa majesté habituelle fait, que de problèmes inextricables, il en fait quelque chose de magique. Magique est le mot, car il a suffit des premières notes sorties des instruments, il a suffit d’entendre les voix, pour se rendre compte que cette magie avait opérée.
Je parlais d’absents, de revenants et de nouveaux. Commençons par le commencement. Les guitaristes « attitrés » étaient absent pour des raisons qui les regardent, des engagements ailleurs, alors recruté il y a peu, un jeune guitariste, fan de Taï Phong depuis l’âge de 10 ans, qui doit à peine en avoir 25 aujourd’hui, et encore, est arrivé. Est-ce que l’on peu parler de claque en matière de musique, lorsque l’on entend un « monsieur » ? Oui je le crois sincèrement. J’y reviendrais, il mérite le détour ! Réjane, qui tenait la batterie n’était décidément pas assez disponible pour le groupe. Exit Réjane, et bienvenue à Fred qui a tenu les baguettes d’une manière magistrale, c’est un des nouveaux également. Très académique comme jeu, mais un feeling inné ! Lui aussi n’avait fait qu’une répétition, mais c’est là, que l’on reconnaît les musiciens, les vrais s’entend. Deux nouvelles voix. Angélique, une ancienne choriste du groupe, il y a 5 ans, et puis Shaï, un à la voix haute perchée. Un peu plus de détail sur Angélique, qui nous fait oublier : et la première chanteuse d’il y a 3 ans Aïna, et, peut être malheureusement pour elle, Sylvie, car Angélique a une voix, mais comment ne peut on pas dire « angélique ». Sa voix monte et descend comme par enchantement. Première répétition pour elle également, et déjà, la voix est placée. Un peu timide au début, elle s’est vite lâchée ! La musique porte, même les peurs. Shaï a une voix qui se laisse écoutée, qui elle aussi sait monter, et on sait que la musique de Taï Phong a besoin de ses voix là. On parle de notre Rockeur de service ? De celui qui tient dans ses mains, sa basse, comme si c’était un bazooka ? Parce que, si vous l’écoutez attentivement, c’est du lourd !! Du très lourd !! Parler de Jean Philippe qui est celui qui assure la direction artistique musicale du groupe. Rassembleur, animateur, et surtout merveilleux pianiste, qui a su nous enchanter des notes toutes droites sorties d’un véritable piano cette fois ci. Un pur délice. Je reviens un instant sur Pierre, le nouveau guitariste. Je l’ai vu, une fois à une audition que Khanh menait, il y a quelques temps. Pour cette audition, il devait jouer deux morceaux, les plus difficiles à chanter et à jouer du groupe. When its a season, et un autre qui m’échappe, mais l’important n’est pas là. Il a sorti sa guitare, presque par timidité, et il a commencé…. L’audition c’est terminée…. A Liancourt, je l’ai vu jouer avec le groupe, je l’ai entendu chanter les morceaux que Jean Jacques Goldman chantait, donc vous imaginez la hauteur de voix qu’il fallait. Deux choses me sont apparues. La première, Pierre m’a montré que Goldman avait des leçons de guitare à prendre, et ce n’est pas péjoratif de dire ça, c’est simplement que l’on apprend tous les jours, qui que l’on soit, Pierre y compris. La seconde, c’est que Goldman, est pour moi, qui connais le groupe depuis ses origines, totalement sorti de l’idée qu’il fut dans Taï Phong. La voix de Pierre a su me le faire oublier totalement.
On termine bien évidemment, avec le maître. Notre cher Khanh, fidèle à lui-même, ce sourire, qui enjolive son visage, lorsque la guitare sèche autour de ses épaules, il nous fait entendre les notes qui s’envolent de son ampli. La douceur de sa voix sur When it’s a season, lorsque le morceau se calme. Et puis comment oublier qu’il est l’âme du groupe, qu’il est celui par qui tout arriva. Il est des mémoires qu’il faut perpétrer, et les mélomanes savent, que certains groupes, le méritent amplement, Taï Phong en fait parti.
Un grand merci à la technique back stage (même si ils étaient devant), sans qui rien ne serait. Un son parfait, et deux personnes qui ont œuvrés pour que de la qualité sorte des enceintes, pour notre plus grand bonheur.
Prochain concert du côté de Bastille à Paris en février. Je vous tiendrais au courant ?
Alors Une petite fête de la bière ? Ca vous dit ?
Jean Fred