Qu’est ce qui ressemble à un concert qu’un autre concert ? En fait, pas grand-chose. Il y a un tas de paramètres qui font que l’un ne peut ressembler à l’autre, ou alors il faut tomber sur des « grosses machines » bien huilées comme peuvent l’être les grosses formations. Ca n’enlève rien à leur talent, lorsque l’on aime leur musique, mais le côté un peu « artisanal » de la chose se perd. Alors on est en droit de se poser la question suivante : Qu’est ce qu’il y a de bien lorsqu’un concert se déroule de façon « artisanale » ? Rien de spécial, si ce n’est l’authenticité qui s’en dégage.
Le concert du dimanche 7 février à la Scène Bastille à Paris avait tout de réunis pour que ça se passe de la sorte. Tout d’abord, un concert partagé par trois groupes, The Last Embrace, magnifique formation de rock progressif avec une chanteuse digne de celle d’Evanescence, puis Rosa Luxemburg, qui nous a démontré qu’on pouvait avoir des sensibilités Anglos américaines musicalement parlant et les retranscrire en français. Du bon rock progressif, avec des musiciens dignes de ce nom. Dans cette formation joue Pierre qui est du reste un des guitaristes émérites de Taï Phong. Car bien sûr, ils sont passés en dernier, comme les stars ! Et comment ne pas penser à chacun de leur concert, que le fondateur du groupe, toujours debout, toujours la guitare à la main, fut celui qui trouva Jean Jacques Goldman, et qu’on lui doit les plus beaux morceaux de Taï Phong ? Comment ne pas penser à ça. Ce qui fait plaisir dans tout cela, c’est que Pierre a cette voix qui lui permet de monter très haut dans les aigus, sans que ce soit saturé et que ce soit plutôt un cri, qu’un chant, et Pierre sait très bien faire ça. Quand j’ai dis un jour qu’il avait su faire oublier JJ Goldman au sein du groupe, ce n’était pas erroné et bien sûr murement entendu.
Le son, parlons en. Un vrai son live, un vrai son qui sonne juste, un son qui enveloppe la salle et qui restitue la musique telle qu’elle doit l’être. On peut dire que c’était même par moment du son pratiquement « métal », tellement les guitares étaient lourdes, non pas dans le sens de l’ennui, bien au contraire, mais dans leur présence. Bien sûr, Khanh et ses éternels problèmes de branchement, mais que serait Khanh si tout était parfait ? Et pourtant il est plus que perfectionniste. Un défaut du staff de la salle, qui en ont eu un autre, et de taille par contre, l’éclairage. Certes la scène n’est pas très grande, mais laisser le « maestro » dans le noir pratiquement tout le temps, ce n’est pas trop professionnel ! Quand il y a des critiques à faire, il faut les faire. C’est comme cela qu’on avance.
Nous avons retrouvé avec bonheur « Benji » derrière ses fûts. Je dis avec bonheur, parce que c’est THE BATTEUR ! Ah oui, ça tape en justesse, fort et bien ! C’est du grand art. Michaël toujours en forme, jouant avec sa guitare comme il joue avec le public. Il leur en donne pour leur argent, et on ne regrette pas parce que c’est fort. J’ai déjà parlé de Pierre et de son groupe Rosa Luxemburg, mais on peut tout aussi bien en parler avec Taï Phong, car sa place est bien là également. Ses guitares il sait ce qu’elles donnent, il sait en tirer ce qu’il veut d’elles. Une guitare faut que ça parle, faut que ça donne l’envie d’être à la place, sur scène de celui qui l’a entre les mains, et pour ça, faut un guitariste qui maîtrise son art, et Pipo puisque c’est son surnom, le fait à merveille. Klod et sa basse à 6 cordes. Bon dieu, on croirait un fusil ! Il est toujours armé, tenant son manche comme si il allait viser. On sait qu’il aime le métal et qu’il évolue au sein de formation qui le pratique. On se demande d’ailleurs comment on peut allier métal et rock progressif, et bien demandez à Klod, il vous répondra bien mieux que moi, parce que lui, il sait très bien le faire. Jean Philippe, ses claviers envoutants, les notes qui se dispersent pour venir vous caresser les oreilles. On sait l’importance d’un clavier au sein d’une formation, et il sait, lui, nous montrer qu’elle est indispensable. Arrive la belle Angélique, tout de blanc vêtue. Une robe vietnamienne tissée, et sa voix. Ca serait un doux euphémisme de dire qu’elle est angélique, sa voix, mais que dire d’autre ? Elle la pose là où il faut, sur les notes qui glissent, sur les envolées « guitaresques », sur une ligne de basse pas évidente, et sous l’égide et l’écoute du maître. Elle sait tout cela, elle a déjà pratiquée au sein de la formation, mais elle sait se remettre en question à chaque fois, de façon à perfectionner encore plus son chant sur des morceaux qui n’ont jamais été évident à chanter. J’en sais quelque chose, je m’y attarde, et c’est le mot, chez moi, seul !
Ca peut prêter à sourire lorsque j’appelle Khanh le « maître », mais c’est amical et en plus, je le pense également. En fait, dans un groupe, dans une formation musicale, vous avez des gens qui la compose, ces gens ont une âme d’artiste, on l’espère tout au moins, et puis il y a celle qui est au dessus. Ca s’appelle le leader en temps normal, et bien Khanh compose tout. Alors leader, âme, chef, patriarche, je ne sais, mais si Taï Phong existe encore aujourd’hui, c’est bien grâce à lui. Comment ne pas l’en remercier ?


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Commentaires
Par morganne le 09/02/2010 à 21h07
oui tu peux dire que tu as fait un bien bel article on a vraiment envie d'y participer à ce concert.. bravo
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