C’est un bien joli poème que Brassens a mit en musique.
Une chanson comme on aimerait pouvoir en écrire les paroles.
L’histoire est simple, et c’est sans doute celle de beaucoup de gens, que l’on soit femme, ou homme.
Ces regards que l’on croisent au hasard des rues, des trains, ces détresses que l’on a pu lire dans les yeux, et comme le dit cette chanson, on a laissé partir.
Qui nous a empêché d’aller vers l’autre, et de lui demander, qu’est ce qui a pu rendre triste ce regard, qu’est ce qui a pu faire, que cette tristesse soit si visible ?
Et puis, il y a l’autre côté également. Ces gens que l’on dit « beaux », femmes et hommes, toujours, et que nous aurions envi d’avoir dans nos bras, ou juste comme amis.. Et puis qu’on laisse également partir sans même leur avoir adressé un mot.
Cette chanson, est le reflet d’une certaine solitude.
Les passantes.
(Poème de Antoine Pol)
Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant
Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie
on songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux coeurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lêvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir