Voici donc la critique, que le groupe m'a demandé de faire après ce concert à Montmorency...
- Taï Phong vous connaissez vous ? De nom oui
- Moi pas du tout
- Nous oui on connaît, on vient replonger dans un bain de jouvence
- On vient retrouver notre adolescence.
- C’est vraiment bien qu’ils soient encore là.
C’est à peu près le style de bribe de conversation que j’ai pu entendre ça et là, samedi soir à la MLC de Montmorency dans le Val d’Oise. Le concert de Taï Phong va commencer. Un peu surpris par la salle, comparée à celle de Palaiseau, qui est une véritable salle de spectacle, mais je n’étais pas là pour mon confort, mais m’en mettre plein les mirettes et les oreilles !
J’ai « redécouvert » le groupe en lisant sur le petit bouquin que ma ville édite, que Taï Phong passait en octobre. Quelle fut ma surprise ? « Comment Taï Phong n’est pas mort ? et ils passent chez moi ? J’y vais !! ».
Retour à Montmorency et qui peut on voir dans la salle ? En fait, toutes les générations sont confondues, les parents viennent avec les enfants, ados, mais aussi plus jeunes encore, faut bien suivre à cet âge là ! On savait que la musique adoucissait les mœurs, mais qu’elle puisse rassembler autant de gens de génération différente, c’est assez nouveau. Taï Phong n’échappe pas à cette règle et c’est tant mieux. Tintin avec son fameux slogan « de 7 à 77 ans » n’a qu’à bien se tenir. Plus sérieusement, il faut être mélomane pour tenter de comprendre ce qui passe par la musique, et dans le cas de Taï Phong, il faut pouvoir faire abstraction de ce qu’ils furent, pour laisser place à ce qu’ils sont aujourd’hui. Le poids de l’ancien groupe qui fut renommé et interplanétaire ne serait ce qu’avec le fameux « sister Jane », repose sur les épaules du fondateur, Khanh. Grâce à tous ceux qui bossent avec lui, il faut qu’il fasse oublier Jean Jacques Goldman, parce que le nom du groupe est forcément associé également à l’icône de la chanson française, balayant les années de 1980 à 2005. Evidement il faut relativiser tout ça, et revenir sur « terre », et sur terre il y a une scène, et sur cette scène un groupe nouveau, qui a un son à lui, et qui sait emmener avec lui, son public. Dire que ce public est acquis avant même le début du concert serait faux. On a beau aimer quelqu’un, un groupe, une chanson, ou je ne sais quoi, si on peut pardonner l’erreur, on reste intraitable sur son jugement, à condition d’être honnête avec soi même et avec ceux qu’on aime. C’est un avis partisan parce que j’ai toujours aimé Taï Phong, depuis mon adolescence. Même si j’ai trouvé que sur le premier album, c’était souvent « pompé » sur le Floyd, et son fameux « Echoes », j’ai, en « grandissant », changé mon point de vue, en disant qu’il s’agissait tout bonnement d’influences musicales, et c’était nettement plus juste. Ce soir à Montmorency j’ai vu un bon concert, avec un public qui a participé et encouragé le groupe. Khanh, peut être un peu moins « timide » dans son petit coin. On pourrait braquer un spot de lumière blanche venant des cintres juste sur lui, on dirait presque un ange, avec sa voix douce, et ses guitares qui savent se faire légères. En plus, sa présence scénique est devenue un peu moins statique tout de même. Un progrès qui fait du bien à voir. C’est tout l’avantage d’avoir vu 2 concerts en peu de temps, on peut voir les changements. Question changement, il y en a eu un, de taille. L’apport d’un deuxième guitariste, Patrice. Entre eux, ils l’appellent le « psychopathe », mais je crois qu’ils ont raison !!! C’est une plaisanterie, mais quel jeu !! quelle violence dans sa façon de manier sa stratocaster ( je pense que s’en était une…). Je me demande comment il a fait pour ne pas casser une ou deux cordes ? Il est des gens qui au demeurant peuvent vous paraître plutôt « calme, posé », et dès qu’ils ont leur passion entre leur main, ça déménage !! Bravo à Patrice, son jeu m’a ébloui, sa force et sa présence scénique, incontestable, sa place est bien là. Le « premier » guitariste, Mickaël, qu’ils appellent également « le psychopathe », c’est tout un poème ! D’abord il joue divinement bien, tout comme Patrice, il maîtrise absolument son instrument, mais avec un jeu différent. Le jeu, voilà le mot, il faut parler de jeu avec Mickaël. Jeu avec ses guitares, jeu avec les autres membres du groupe, et surtout jeu avec le public. On est pas si loin que ça du « guitar heros » dans son attitude. Il y eut des moments où j’ai cru voir Ritchie Blackmore, perso je trouve que Mickaël joue mieux !! Mais j’adore ce « fou jouant », il sait communiquer par le biais de son manche (pas de mauvais jeu de mot svp), et c’est vraiment bien. Evidement on ne peut pas laisser de côté le clavier, Jean Philippe gros travail derrière, dommage en retrait sur scène, mais on l’entend !!! et plutôt bien. Aîna et Philippe, les voix du groupe, et de belles voix. Ca monte quand il le faut, et plutôt haut, et ils savent redescendre là où il le faut. Les nuances sont d’ailleurs plutôt bien amenées. Un nouveau bassiste, Claude qui aurait pu aisément remplacer celui de Status Quo, tellement il assure en présence scénique, et bien sûr aussi avec sa basse. C’est vrai que sur certains passages ça sonnait bien Rock ! Une envolée de saxo, qui nous a fait rappeler les heures glorieuses de Supertramp, une jolie influence en tout cas, parce que ça sonnait bien.
Et surtout, ne pas oublier Rejane, à la batterie. Moi je conseillerais à certains batteurs de prendre des cours avec elle. Quelle claque !! Elle est douée, c’est inconstestable, et bien que « blonde », il n’y a pas de couac, de fausse mesure, ça bat, et ça bat bien !!!
Ce fut vraiment un bon concert, avec une présence sur scène remarquable, qui a su enflammer la salle, mais qui a su aussi, l’envouter au son du violon chinois ( merci Jean Philippe au clavier ), sur « Night in Saïgon »
Pour conclure je ne dirais qu’une chose « Vivement le retour du Samouraï »
Jean Fred.