words and zik

ça papote

lavillier

le 20/04/2006 à 17h20
si il y a un artiste en France que j'ai beaucoup aimé et écouté, c'est bien Bernard Lavillier.
d'aileurs je l'écoute toujours. J'avoue qu'au début c'était un peu du parti pris, parce que je le croyais de Lorraine, alors qu'il était Stéphanois, et il l'a chanté! mais bon, j'étais très jeune! ^^ et puis il chantait les hauts fourneaux, la mine, les exploités, et ça, ça me plaisait bien, déjà tout petit, j'étais pour les minorités. 
Et puis même si il parait être un peu "frimeur" comme ça, avec ses gros biscotos! ce qu' il écrit est vraiment sublime. des paroles pleines de soleil, pleines de poésie, mais aussi qui savent être porteuses de crasse et de suie, qui savent relater ce que fut la vie de certains sur cette terre. Que ce soit dans les jungles d'ailleurs, comme en Bolivie ou dans la banlieue de Saint Etienne, il a chanté la difficulté à vivre sa vie et à s'épanouir pour simplement vivre. Artiste sensible, à l'âme certainement tourmentée, comme le sont bien des artistes, il a su nous faire partager tellement de choses. Il fut surprenant également, comment oublier ce duo avec Nicoletta!, lui qui chantait avec Le Grand Léo Ferré, faire un duo avec Nicoletta!! fallait oser. et pourquoi pas? la sortie de cet album fut critiqué, alors qu'il est bien rock je trouve moi, et même ce fameux duo, est plutôt pas mal réussi.  Et puis un artiste qui surprend, c'est tout de même un peu mieux que des préformatés. J'imagine que vous êtes d'accord avec moi, sinon vous le dites bien sûr. lol vous connaissez la procédure!!!
concernant Lavillier, j'ai encore en mémoire " Betty" somptueuse ballade que j'appellerais presque "carcérale" où au fond du pièce d'à peine 10 m2, se meurt une fille.
Tu n'as pas sommeil
Tu fumes et tu veilles
T'es toute écorchée
T'es comme un chat triste
Perdu sur la liste
Des objets trouvés
La nuit carcérale
Tombant sur les dalles
Et ce lit glacé
Aller et venir
Soleil et sourire
Sont d'l'autre coté

Ces murs, ces grillages
Ces portes et ces cages
Ces couloirs, ces clés
Cette solitude
Si dure et si rude
Qu'on peut la toucher
Ce rayon de lune
Sur le sol allume
Visage oublié
De celui que t'aimes
Qui tire sur sa chaîne
Comme un loup blessé

Betty faut pas craquer
Betty faut pas plonger
Je sais, iils t'on couchée là
Et puis ils ont fermé leurs barreaux d'acier

Betty faut pas pleurer
Betty faut pas trembler
Je sais, tu vas rester là
T'aimerais plus t'réveiller, plus jamais rêver

Je te dis je t'aime
Dans ce court poème
Dans ce long baiser
Tu es ma frangine
Juste une féminine
Que j'avais rimée
Je te donne ma force
Mes mots et mes notes
Pour te réchauffer
Je haie la morale
Les prisons centrales
Les maisons d'arrêt

Je n'ai pas sommeil
Je fume et je veille
Et j'ai composé
Une chanson d'amour
Une chanson secours
Pour l'autre côté
Pour ceux que l'on jette
Dans les oubliettes
Dans l'obscurité
Pendant qu'les gens dorment
Au fond du conforme
Sans se réveiller

Betty faut pas craquer
Betty faut pas plonger
Je sais, ils t'ont couchée là
Et puis ils ont fermé leurs barreaux d'acier

Betty faut pas pleurer
Betty faut pas trembler
Tu sais, on s'retrouvera, là
Ailleurs, en plein soleil ...


ces paroles sont somptueuses, véritablement somptueuses. rien que des les avoir mis là, j'en ai des frissons.


 je parlais tout à l'heure de hauts fourneaux et de chansons parlant de ce pays, dans " LEs Barbares" on ne peut pas mieux dépeindre ceux qui travaillent durement dans la fournaise des laminoirs.. qui sont parfois "visités" par des patrons qui montrent leurs usines, leurs ouvriers... il faut parfois lire entre les lignes, mais cela se sent, se devine

Les Barbares habitaient dans les angles tranchants
Des cités exilées au large des business
Ils rivaient leurs blousons d'étranges firmaments
Où luisaient la folie, la mort et la jeunesse
La nuit le haut fourneau mijotait ses dollars
La fumée ruisselait sur nos casques rouillés
Dans le vestiaire cradingue, cinq minutes volées
A la fumée, au feu, au bruit, au désespoir

{Refrain:}
Oh mon amour emporte-moi, emporte-moi loin de la zone
Vers des pays chagrins, vers des pays faciles,
Vers des pays dociles

Ils rêvaient de tropiques, des tropiques tropicaux
Pleins d'eau à trente degrés, pleins de forêts sanglantes
Ils rêvaient de corail, d'amour, de sable chaud
Epinal leur fourguait ses images en partance
Le fils du patron venait nous visiter
Au sortir du night-club avec de jolies femmes
Il nous regardait faire, essayait d'estimer
La montée de la courbe, la chaleur de la flamme

{au refrain}

Bourgeois adolescents aux mythes ouvriers
Militants acharnés de ce rêve qui bouge
Qui seraient un beau jour de gauche ou bien rangés
Tricolores et tranquilles, la zone c'était rouge
La noirceur des blousons nous faisait des étés
Sombres comme les fleurs de nos arbres acryliques
Nous déroulions nos chaînes essayant de décrocher
La montée de l'amour, de la paix, de la musique

{au refrain}

Quand le car avalait sa ration de six heures
De mains brulées, de silicoses et de gros rouge
Nous rentrions vidés dans nos cuisines, seuls
Un sourire, un café, la douche, rien ne bouge
La radio tapinait à l'étage inférieur
On dormait dans l'enzyme et dans le cargo
Puis nos têtes plongeaient vers des mondes meilleurs
Nos mamans affairées voyaient baisser le jour

{au refrain}

Les barbares habitaient dans les angles tranchants
Des cités exilées au large des business
Ils rivaient leurs blousons d'étranges firmaments
Où luisaient la folie, la mort et la jeunesse

Oh mon amour emporte-moi, emporte-moi loin de la zone
Vers des pays chagrins, vers des pays faciles, vers des pays dociles



et est ce que quelqu'un, ayant un tant soi peu connu cette époque se souvient de" Big Brother", titre emprunté à George Orwel pour son roman presque prémonitoire 1984
les paroles étaient fortes également dans cette chanson.

Bateaux panaméens, marchands d'armes français
Tueurs américains, matériel japonais
Capitaux catholiques, call-girls asiatiques
Big Brother is watching you !

Des vrilles dans les dents, les paupières brûlées
Voyageur du sertao des déserts cendrés
Les prisons sont fertiles et la vie si fragile ...
Big Brother is watching you !

Là où la CIA surveille le magot
Il y a le KGB qui fait ton numéro
Et si tu leur fais face, ils t'tireront dans le dos
Big Brother is watching you !

Ton pognon se ballade dans de petits lingots
De New York à Lausanne en passant par Rio
Et tu verses à l'épargne, et tu verses à l'impôt
Big Brother is watching you !

T'es vivant camarade ! Ça vient d'être un délit
Fais ton autocritique sur ton crâne poli
Inscris ton matricule numéro du zombie
Big Brother is watching you !

Big Brother te regarde de son œil de plâtre
Parano et livide, décervelé noirâtre
On arrive bientôt, 1984 !
Big Brother is watching you !

Je t'aime au plus profond au-dessus des salauds
Mais aurai-je le temps de trouver mon îlot
Avant que dans le ciel ne revienne à nouveau
Big Brother is watching you !


et puis ce morceau, "faits divers", j'en adorais la mélodie, qui pourtant était plutôt rock, mais tellement belle, et encore une fois le texte, puisque l'un ne va pas sans l'autre chez Lavilliers.  il faut savoir ce qu'on veut, quand on l'écoute. ça peut faire mal au niveau des paroles, mais c'est volontaire. c'est normalement ce qui aide à réfléchir sur le monde, mais également parfois sur nous même. ça pousse !!!

Comment va le monde ? Il est rouge sang
Et à mon avis, il l'est pour longtemps
Comment va la vie ? Il y a des endroits
Elle vaut dix dollars combien je te dois
Comment va l'amour ? Il joue les absents
Demande aux vautours de gagner du temps
Comment va le monde ? Il est rouge sang
Et à mon avis, il l'est pour longtemps

Après bien des années d'errance
Et de silence embarrassé
Des hommes n'ont toujours pas de nationalité
Comment parler de non-violence
A un amour qu'on a violé ?
La dignité n'est pas votre spécialité

Comment va la guerre ? Elle va comme elle va
Elle est planétaire, on se reverra
Comment va la banque ? La banque surnage
Pour les grands requins y a pas de naufrage
Comment va la mort ? Record absolu
Toujours très discrète, je n'en sais pas plus
Comment va la guerre ? Elle va comme elle va
Elle est planétaire, on se reverra
Elle est planétaire, on se reverra

Après bien des années d'errance
Et de silence embarrassé
Des hommes n'ont toujours pas de nationalité
Comment parler de non-violence
A un amour qu'on a violé ?
La dignité n'est pas votre spécialité

Je ne veux plus gueuler: " Comment va le monde ? "
Et qu'on me réponde: " Il va comme il va "
Comment va la vie ? Elle n'est pas très fière
Sur ces cinq colonnes dans les faits divers
Comment va l'amour quand il vous a vu ?
A fait demi-tour, on n'en parle plus
Je ne veux plus gueuler: " Comment va le monde ? "
Et qu'on me réponde: " Il va comme il va "

Après bien des années d'errance
De populations déplacées
La solitude n'a pas de nationalité
Il faudrait casser ce silence
Vous l'avez mal interprété
La dignité n'est pas votre spécialité

Comment va le monde ? Il est rouge sang
Et à mon avis, il l'est pour longtemps
Comment va l'amour ? Il joue les absents
Demande aux vautours de gagner du temps
Comment va la vie ? Elle n'est pas très fière
Sur ces cinq colonnes dans les faits divers


je vais arrêter là, parce que je pourrais en mettre des tartines encore sur Lavilliers, mais bon, faut bien s'arrêter quelque part, et puis son catalogue est tellement immense!! à vous aussi de découvrir par vous même, tout en espérant que je vous aurais mis l'eau à la bouche.






JE RENONCE

le 15/02/2006 à 14h00
je renonce oui!! encore un com de lexode me demandant de supprimer les articles qui sont suceptibles de plagiat...

à leur intention :

peut être devriez vous vous pencher sur tout les blogs, mais alors tous!! où se trouve des paroles de chansons, des poèmes qui ne sont pas passé dans le domaine public, parce que je sais ce qu'est le domaine public ! merci!  et là, je crois honnêtement que plus de la moitié des blogs seront effacés.. mais ça je pense que vous le savez pertinement !

alors je renonce oui, puisque la loi est contre moi...

j'irais voir ailleurs si j'y suis.

Apparition d'une rubrique

le 10/02/2006 à 19h09
Bon, j'préviens, c'est pas jfred qui vous parle, hein. C'est missrayure, qui lui refait sa CSS ^^

Donc si le blog a une drôle de tronche, c'est normal, vous inquiétez pas :)

Et par la même occasion, z'allez voir apparaitre une rubrique-à-pass, qui s'appelle "CSS" et qui contient les images de la CSS :) (d'ailleurs, si vous voulez aller y faire un tour, le pass c'est "css", original non ? :P )

Bon, bisou les gens, je me remets au boulot ^^

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